Affaire de l'appareil secret d’Ennahdha : le dossier mis en délibéré
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a achevé, ce mardi 2 juin 2026, l’audition finale des accusés dans l’affaire dite du « appareil secret du mouvement Ennahdha ». Elle a ensuite décidé de mettre le dossier en délibéré en vue du prononcé du jugement.
La cour avait entamé les interrogatoires en entendant le dirigeant d’Ennahdha et ancien ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh, ainsi que son ancien conseiller. Lors d’une deuxième audience, elle a auditionné l’ancien directeur central de la lutte antiterroriste à El Gorjani et cadre du parti, Abdelaziz Dghasni, ainsi que l’ancien directeur général des services spécialisés au ministère de l’Intérieur. Une troisième audience a été consacrée à l’interrogatoire des autres accusés en liberté, avant que la quatrième séance ne soit dédiée aux plaidoiries des avocats.
L’affaire concerne 35 accusés, dont cinq détenus dans ce dossier (parmi lesquels l’ancien président d’Ennahdha Rached Ghannouchi) et sept autres détenus dans d’autres affaires (dont Ali Larayedh et Fethi Baldi). Douze accusés sont en liberté, tandis que onze sont en fuite, parmi lesquels Mustapha Khedher.
Une affaire ouverte depuis 2022
L’affaire du « appareil secret du mouvement Ennahdha » a été ouverte en 2022 à la suite d’une plainte déposée par le comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
Elle avait d’abord été instruite par le parquet du tribunal de première instance d’Ariana, avant que celui-ci ne se dessaisisse en septembre 2023 au profit du pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, compétent en la matière.
Pour la défense des deux martyrs, cette affaire constitue une composante essentielle du dossier des assassinats politiques de 2013, aux côtés d’autres volets, notamment celui de la « chambre noire » du ministère de l’Intérieur.
Le comité de défense affirme à plusieurs reprises que toute la vérité sur les assassinats politiques en Tunisie ne pourra être établie qu’avec le traitement de l’ensemble des dossiers liés aux planificateurs, financiers et complices présumés.